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CDHR : qu'est-ce que la contribution sur les hauts revenus

CDHR : qu'est-ce que la contribution sur les hauts revenus

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2026
Pièces d'or empilées avec des blocs en bois orthographiant 'TAX' sur un fond vert

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est un impôt né de la loi de finances pour 2025. Son principe tient en une idée : garantir que les foyers les plus aisés supportent une imposition d'au moins 20% de leurs revenus. Elle s'inscrit dans la fiscalité patrimoniale des grandes fortunes, aux côtés de l'impôt sur le revenu et des surtaxes existantes. Pour les contribuables concernés, elle modifie le taux effectif d'imposition et introduit une échéance nouvelle. Qui la doit, comment elle se calcule, quand la payer et pourquoi elle vise en priorité les revenus du capital : autant de points qui déterminent son impact réel sur un patrimoine.

Ce qu'il faut retenir

  • La CDHR n'ajoute pas un barème mais un plancher effectif de 20% : elle ne se déclenche que lorsque l'imposition sur le revenu, CEHR comprise, reste en dessous de ce niveau.
  • Le vrai déclencheur est la structure des revenus, pas seulement le franchissement des seuils de 250 000 € ou 500 000 € : un revenu majoritairement patrimonial expose bien plus qu'un revenu salarial.
  • L'acompte de décembre fait peser l'estimation sur le contribuable, avec une pénalité de 20% en cas d'erreur significative : mieux vaut sécuriser le calcul en amont.
  • Parce qu'elle taxe un flux et non un stock, la contribution reste contournable et son rendement volatil, ce qui entretient l'incertitude sur son maintien année après année.

Qu'est-ce que la CDHR ?

La CDHR est une contribution instaurée par l'article 10 de la loi de finances n° 2025-127 du 14 février 2025 et codifiée à l'article 224 du code général des impôts (CGI). Elle établit un impôt plancher : le taux global d'imposition des plus hauts revenus ne peut descendre sous 20% du revenu fiscal de référence retraité.

Le mécanisme est différentiel, d'où son nom. La contribution n'est due que si l'imposition déjà acquittée, au titre de l'impôt sur le revenu (IR) et de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), reste inférieure à 20% du revenu retenu. Elle comble alors l'écart jusqu'à ce seuil. Cette couche s'ajoute aux impôts existants sans modifier leur barème.

La CDHR ne crée pas un nouveau barème : elle rehausse le taux effectif jusqu'à un plancher de 20% pour les foyers dont l'imposition sur le revenu reste faible au regard de leur niveau de ressources.

Conçue pour les revenus de 2025, elle a été prorogée pour 2026 et devrait le rester tant que le déficit public dépasse 3% du produit intérieur brut. Elle n'a donc rien d'une mesure ponctuelle.

Qui est concerné par cette contribution ?

Le champ des redevables ne se résume pas à un seuil de revenu. Il combine trois critères, puis se resserre en pratique sur une catégorie précise de contribuables.

Les trois conditions cumulatives

Un foyer est redevable de la CDHR lorsque les trois conditions suivantes sont réunies :

  • être fiscalement domicilié en France ;
  • disposer d'un revenu fiscal de référence (RFR) supérieur à 250 000 € pour une personne seule, ou à 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune ;
  • afficher un taux moyen d'imposition inférieur à 20%, apprécié hors prélèvements sociaux.

Les non-résidents ne sont pas soumis à cette contribution, même lorsqu'ils perçoivent des revenus de source française. Le critère de domiciliation fiscale en France est déterminant.

Une cible : les revenus majoritairement patrimoniaux

Le troisième critère, le taux d'imposition sous 20%, explique la vraie cible du dispositif. Il concerne surtout les foyers dont une large part des revenus provient du capital. Ces revenus, dividendes et produits de placement, sont imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU), dont la composante d'impôt sur le revenu n'est que de 12.8%. Un foyer qui perçoit l'essentiel de ses ressources sous cette forme peut donc afficher un taux d'imposition sur le revenu bien inférieur à 20%, même après la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. C'est précisément ce profil que la CDHR vient rattraper. À l'inverse, un contribuable dont les revenus sont surtout des salaires, taxés au barème progressif, atteint généralement le plancher sans être redevable.

Comment se calcule la CDHR ?

Le calcul repose sur une comparaison entre un impôt minimal théorique et l'imposition déjà supportée. Un mécanisme de décote en lisse l'entrée.

La formule de calcul

La contribution est égale à la différence, si elle est positive, entre deux termes :

  • 20% du RFR retraité (l'impôt plancher théorique) ;
  • la somme des impositions déjà acquittées : impôt sur le revenu, contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et prélèvements forfaitaires, y compris certains prélèvements libératoires, majorée de certains crédits et réductions d'impôt.

À ce second terme s'ajoutent des majorations forfaitaires : 12 500 € pour un couple soumis à imposition commune et 1 500 € par personne à charge. Par ailleurs, les revenus exceptionnels ne sont retenus qu'à hauteur de 25% de leur montant. Si le résultat est positif, il correspond à la CDHR due ; s'il est nul ou négatif, aucune contribution n'est exigible.

Le mécanisme de décote

Pour éviter un effet de seuil brutal, la contribution monte en charge progressivement. Le plancher de 20% ne joue pleinement qu'à partir d'environ 330 000 € de RFR pour une personne seule et 660 000 € pour un couple. Entre le seuil d'entrée et ces montants, une décote atténue la contribution.

Un exemple chiffré

Le cas suivant illustre pourquoi un revenu élevé ne rend pas automatiquement redevable. Il s'agit d'un couple avec deux enfants à charge, dont le RFR retraité atteint 700 000 €.

   
Étape du calcul Montant
Impôt plancher (20% de 700 000 €) 140 000 €
Impositions déjà acquittées (IR + CEHR + PFU) 128 000 €
Crédits et réductions d'impôt 6 000 €
Majorations familiales (12 500 € + 2 × 1 500 €) 15 500 €
Différentiel (140 000 − 149 500) − 9 500 € → CDHR nulle

Dans cette configuration, l'imposition déjà supportée, augmentée des crédits et des majorations, dépasse le plancher théorique. Aucune contribution n'est due, malgré un RFR de 700 000 €. Ce résultat montre que le niveau de revenu ne suffit pas à déterminer l'assujettissement : la structure de l'imposition compte tout autant.

CDHR et CEHR : quelles différences ?

La proximité des sigles entretient la confusion, mais les deux dispositifs sont distincts. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) existe depuis 2012. C'est une surtaxe de 3% à 4% assise sur une fraction du revenu fiscal de référence : 3% entre 250 000 € et 500 000 € pour une personne seule (500 000 € à 1 000 000 € pour un couple), puis 4% au-delà. Elle s'applique aussi bien aux résidents qu'aux non-résidents.

La CDHR, elle, ne remplace pas la CEHR : elle s'y ajoute. Le calcul de la nouvelle contribution repart d'ailleurs du revenu de référence servant à la CEHR, après retraitements, et intègre la CEHR déjà payée dans les impositions venant réduire le différentiel. Les deux surtaxes se cumulent donc, la CDHR n'intervenant que pour porter le taux effectif au plancher de 20% lorsque la CEHR n'y suffit pas.

Déclaration et paiement de l'acompte

Le dispositif impose une avance en fin d'année, assortie de pénalités en cas d'erreur. Ces modalités méritent l'attention, car l'estimation repose sur le contribuable.

L'acompte de décembre

La CDHR donne lieu au versement d'un acompte de 95% du montant estimé, à régler entre le 1er et le 15 décembre. La première campagne a concerné les revenus de 2025, avec un acompte dû en décembre 2025. Le paiement s'effectue en ligne, depuis l'espace particulier du site des impôts, via le service de prélèvement à la source. Le solde est régularisé l'année suivante, lors de la déclaration de revenus ; si l'acompte excède la contribution finale, l'excédent est restitué. Pour estimer le montant dû, l'administration a mis en ligne un simulateur officiel.

Les pénalités en cas d'erreur

L'estimation engage le contribuable, et l'erreur coûte cher. Une pénalité de 20% s'applique en cas de défaut ou de retard de paiement de l'acompte. La même majoration de 20% frappe la différence lorsque l'acompte versé se révèle inférieur de plus de 20% au montant réellement dû. Le calcul étant complexe, notamment sur les retraitements du revenu de référence, l'appui d'un professionnel sécurise la démarche.

Pourquoi la CDHR vise les grands patrimoines

Au-delà de la mécanique, le dispositif révèle une logique fiscale qui touche directement la gestion des grands patrimoines. Sa portée réelle dépend moins du niveau de fortune que de la façon dont les revenus circulent.

Une taxe sur les flux, pas sur le patrimoine

La CDHR frappe un flux de revenus, non un stock de patrimoine. À fortune comparable, deux foyers peuvent supporter des charges très différentes selon les revenus qu'ils monétisent réellement. Celui qui distribue largement ses dividendes s'expose davantage ; celui qui laisse ses bénéfices capitalisés dans une société limite mécaniquement son revenu de référence. Le dispositif touche donc les revenus réalisés, pas la richesse détenue.

Les dirigeants-actionnaires en première ligne

Les dirigeants-actionnaires occupent une position particulière. Ils pilotent à la fois leur rémunération et la politique de distribution de leur société, et peuvent arbitrer entre salaire et dividendes, détention directe ou via une holding, distribution immédiate ou report. Cette latitude leur permet d'ajuster leur exposition à la contribution. Ces marges d'optimisation expliquent en partie un rendement inférieur aux prévisions pour les finances publiques, et alimentent le débat sur la pérennité du dispositif. Pour ces profils, l'anticipation devient centrale : c'est l'un des rôles d'un accompagnement patrimonial que couvrent les services d'un family office. Aucune stratégie ne se conçoit toutefois sans l'avis d'un professionnel au regard de la situation propre à chaque foyer.

Questions fréquentes sur la CDHR

La CDHR est-elle reconduite en 2026 ?

La CDHR est reconduite en 2026. Prévue à l'origine pour les seuls revenus de 2025, elle a été prorogée et devrait le rester tant que le déficit public dépasse 3% du produit intérieur brut.

Les prélèvements sociaux entrent-ils dans le calcul de la CDHR ?

Les prélèvements sociaux n'entrent pas dans le calcul de la CDHR. Le taux moyen d'imposition comparé au plancher de 20% s'apprécie hors prélèvements sociaux, sur les seules impositions sur le revenu.

Un non-résident fiscal paie-t-il la CDHR ?

Un non-résident fiscal ne paie pas la CDHR. Seuls les foyers fiscalement domiciliés en France sont redevables, à la différence de la CEHR qui vise aussi les non-résidents.

Comment estimer le montant de sa CDHR ?

Pour estimer le montant de sa CDHR, l'administration met à disposition un simulateur officiel sur le site des impôts. Le calcul restant complexe, l'appui d'un professionnel est recommandé pour fiabiliser l'estimation de l'acompte.

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