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Private equity : définition, fonctionnement et fiscalité

Private equity : définition, fonctionnement et fiscalité

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2026
Un groupe de professionnels participant à une réunion d'affaires dans une salle de conférence moderne

Un investissement en private equity engage des capitaux pour une dizaine d'années dans des entreprises non cotées, sans possibilité de retrait simple. Dans une stratégie d'investissement patrimonial, il complète souvent l'immobilier, les actions cotées et l'assurance-vie. Ce placement obéit à des règles propres : un fonctionnement par appels de fonds, plusieurs voies d'accès selon le montant investi, une fiscalité spécifique et des risques qui diffèrent de ceux de la Bourse.

Qu'est-ce que le private equity ?

Le private equity, ou capital-investissement, consiste à acheter des parts du capital d'entreprises non cotées en Bourse. L'investisseur apporte des fonds propres, c'est-à-dire de l'argent qui devient du capital de l'entreprise, et non un prêt. Il conserve sa participation plusieurs années, puis la revend en espérant une plus-value.

La différence avec la Bourse tient au marché. Une action cotée se vend en quelques secondes à un prix affiché en continu. À l'inverse, une participation non cotée n'a pas de prix public : sa valeur est estimée périodiquement par le gérant, et sa revente se négocie au cas par cas avec un acheteur.

Selon France Invest et Grant Thornton, les fonds de capital-investissement français ont levé 42.9 milliards d'euros en 2025 et investi 36.4 milliards d'euros dans 2 904 entreprises et projets d'infrastructure.

Les quatre types de private equity

Le private equity se divise en quatre segments, selon le stade de développement de l'entreprise financée.

Segment Entreprises ciblées Usage des fonds Niveau de risque
Capital-risque Jeunes entreprises, souvent innovantes, pas encore rentables Développement du produit, premiers recrutements Très élevé
Capital-développement Entreprises rentables en croissance Nouvelles usines, export, acquisitions Élevé
Capital-transmission (LBO) Entreprises matures et rentables Rachat de l'entreprise à ses actionnaires Élevé, lié à l'endettement
Capital-retournement Entreprises en difficulté Plan de redressement Très élevé

Dans un LBO (leveraged buy-out, rachat avec effet de levier), une holding, c'est-à-dire une société dont l'activité consiste à détenir des participations, est créée pour l'occasion. Elle rachète l'entreprise en combinant l'apport du fonds et un emprunt bancaire. Les bénéfices de l'entreprise rachetée remboursent ensuite cette dette. Si l'entreprise prospère, la valeur des fonds propres progresse plus vite que l'entreprise elle-même : c'est l'effet de levier. En revanche, une baisse d'activité rend la dette plus lourde à porter.

Le capital-risque finance des entreprises dont le modèle reste à prouver. Les pertes y sont fréquentes, et quelques réussites portent souvent la performance d'un fonds entier.

Comment fonctionne un fonds de private equity ?

L'engagement et les appels de fonds

L'investisseur ne verse pas toute sa souscription au départ. Il signe un engagement, c'est-à-dire la promesse d'apporter un montant donné. Le gérant appelle ensuite ces sommes par tranches, au fil des investissements, pendant une période d'investissement de plusieurs années. Ces appels de fonds arrivent à des dates inconnues à la signature. Par conséquent, l'investisseur doit garder des liquidités disponibles pour y répondre, faute de quoi il s'expose aux pénalités prévues par le règlement du fonds.

La durée de vie du fonds et la courbe en J

Un fonds de private equity dure en général une dizaine d'années, souvent avec une prolongation possible. Pendant cette période, l'investisseur ne peut pas demander le remboursement de ses parts.

La performance suit une courbe en J. Les premières années, la valeur du fonds baisse : les frais sont prélevés, alors que les entreprises achetées n'ont pas encore pris de valeur. Ensuite, les cessions d'entreprises génèrent des distributions, c'est-à-dire des versements aux porteurs de parts, et la courbe remonte. Ainsi, une performance négative après deux ou trois ans ne renseigne pas sur le résultat final.

Les frais de gestion et le carried interest

Le gérant prélève des frais de gestion annuels, calculés sur le montant engagé ou investi. Il perçoit aussi un carried interest, une part des plus-values réalisées par le fonds. Ce partage ne s'applique en général qu'au-delà d'un rendement minimum versé aux investisseurs, appelé hurdle. Ce mécanisme aligne l'intérêt du gérant sur celui des porteurs, mais il réduit la plus-value nette. Le règlement du fonds et le document d'informations clés détaillent ces frais.

Les modes de sortie d'un fonds

Le fonds réalise sa plus-value lorsqu'il revend une participation. Quatre voies existent :

  • l'introduction en Bourse de l'entreprise ;
  • la cession à un industriel, souvent un concurrent ou un acteur du même secteur ;
  • la cession à un autre fonds, appelée opération secondaire, lorsqu'un fonds rachète la participation d'un autre ;
  • le rachat par l'équipe dirigeante, appelé MBO (management buy-out).

Les modes d'accès au private equity pour un grand patrimoine

Le montant minimum et la liquidité varient fortement selon le véhicule choisi.

Véhicule Montant minimum Liquidité Profil
FCPR Fixé par chaque fonds, accessible aux particuliers Parts bloquées pendant la durée du fonds Première exposition, fonds diversifié
FPCI 100 000 € en général, 30 000 € sous conditions d'expérience Parts bloquées pendant la durée du fonds Investisseur averti, gérants spécialisés
ELTIF Fixé par chaque fonds, ouvert aux particuliers Limitée, certains fonds prévoient des fenêtres de rachat Accès européen encadré
Unités de compte (assurance-vie, PER) Selon le contrat Selon les règles du support et du contrat Logement dans une enveloppe existante
Investissement direct, club deal Élevé, variable selon l'opération Aucune avant la cession de l'entreprise Investisseur expérimenté, forte concentration

Le FCPR (fonds commun de placement à risques) et le FPCI (fonds professionnel de capital-investissement) sont les deux fonds de droit français les plus courants. Le FPCI est réservé à certaines catégories d'investisseurs : selon le règlement type publié par l'AMF, la souscription initiale doit atteindre 100 000 €, ou 30 000 € pour un investisseur qui justifie d'une expérience du capital-investissement. L'ELTIF (fonds européen d'investissement de long terme) offre un cadre européen ouvert aux particuliers. Enfin, certains contrats d'assurance-vie et de plan d'épargne retraite (PER) proposent des fonds de private equity sous forme d'unités de compte, c'est-à-dire de supports dont la valeur n'est pas garantie.

Le club deal réunit quelques investisseurs privés qui achètent ensemble une participation dans une entreprise, souvent aux côtés d'un fonds. On parle alors de co-investissement. Cette voie donne une visibilité directe sur l'entreprise, mais elle concentre le risque sur une seule société. Enfin, le marché secondaire permet de racheter des parts de fonds à des investisseurs qui souhaitent sortir avant l'échéance, parfois avec une décote.

La fiscalité du private equity

La fiscalité patrimoniale du private equity dépend du véhicule et de la durée de détention.

L'exonération d'impôt des FCPR et FPCI fiscaux

Certains FCPR et FPCI respectent les conditions de l'article 163 quinquies B du Code général des impôts. Leurs porteurs peuvent alors bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu sur les distributions et les plus-values, à trois conditions principales :

  • conserver les parts cinq ans à compter de la souscription ;
  • réinvestir dans le fonds les sommes distribuées pendant ces cinq ans ;
  • ne pas détenir plus de 25% des droits dans les bénéfices des sociétés du fonds, avec son foyer.

Les prélèvements sociaux, contributions prélevées sur les revenus du capital, restent dus sur les gains. Par ailleurs, la loi de finances pour 2026 a recentré la réduction d'impôt sur le revenu attachée aux FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation) : les conditions sont à vérifier fonds par fonds avant de souscrire.

Le réinvestissement après un apport-cession

Un chef d'entreprise qui apporte les titres de sa société à une holding avant de les vendre bénéficie d'un report d'imposition : l'impôt sur sa plus-value n'est pas payé au moment de l'apport. Lorsque la holding revend les titres dans les trois ans, ce report est maintenu à condition de réinvestir une part du prix dans des activités économiques, dont certains fonds de capital-investissement. Pour les cessions réalisées depuis le 21 février 2026, la loi de finances pour 2026 a porté ce quota de réinvestissement à 70% du prix de cession, avec un délai de trois ans après la cession et une conservation de cinq ans des investissements réalisés. Le private equity constitue ainsi l'un des débouchés possibles après une cession d'entreprise.

Le private equity est-il soumis à l'IFI ?

L'impôt sur la fortune immobilière (IFI) ne vise que l'immobilier. Les parts de fonds investis dans des sociétés opérationnelles, qui exercent une activité industrielle, commerciale ou de services, n'entrent donc en principe pas dans son calcul. Seule la part éventuellement investie dans l'immobilier peut être imposée, un point à intégrer dans toute stratégie d'optimisation de l'IFI.

Les risques du private equity

Le private equity comporte plusieurs risques, détaillés notamment dans le guide de l'AMF sur les fonds de capital-investissement.pdf) :

  • la perte en capital : le capital investi n'est pas garanti et peut être perdu en partie ou en totalité ;
  • l'illiquidité : les parts sont bloquées pendant la durée de vie du fonds, qui peut atteindre dix ans ; une revente anticipée passe par le marché secondaire, souvent avec une décote ;
  • la valorisation incertaine : la valeur affichée entre deux cessions reste une estimation, et le prix de vente final peut être inférieur ;
  • le risque d'appel de fonds : l'investisseur doit pouvoir verser les sommes appelées à tout moment pendant la période d'investissement.

Un dernier risque tient au choix du gérant. Les écarts de performance entre fonds d'un même segment sont importants, si bien que la sélection du gérant compte autant que le choix du segment. Selon France Invest, le capital-investissement français affichait un rendement net de 11.3% par an depuis l'origine à fin 2024. Ce chiffre est une moyenne : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le rôle d'un family office dans un investissement en private equity

Un family office accompagne une famille dans la gestion globale de son patrimoine. Sur le private equity, ses services couvrent plusieurs étapes :

  • le dimensionnement de la part du patrimoine consacrée au non coté, en fonction des besoins de liquidité et de l'horizon de la famille ;
  • la sélection des gérants, avec une analyse approfondie de leur historique, de leur équipe et de leur stratégie, appelée due diligence ;
  • l'accès à certains fonds ou à des co-investissements fermés aux investisseurs isolés ;
  • le suivi des appels de fonds et des distributions, pour éviter une tension sur la trésorerie ;
  • la cohérence avec la transmission, lorsque les parts doivent être données ou intégrées à une holding familiale.

Un multi family office, qui sert plusieurs familles, peut en outre regrouper leurs engagements pour atteindre les tickets d'entrée de certains fonds.

Ce qu'il faut retenir

  • Le private equity engage le capital pour une dizaine d'années : l'investissement en entreprises non cotées ne se revend pas à tout moment, et un horizon long est nécessaire pour dépasser la phase de pertes initiales liée aux frais.
  • La trésorerie doit être prévue dès la souscription : les sommes promises au fonds sont appelées progressivement, à des dates inconnues, et un défaut de paiement entraîne des pénalités.
  • Le choix du gérant est déterminant : les écarts de performance entre fonds sont importants, d'où l'intérêt d'une analyse approfondie des équipes de gestion.
  • Le véhicule détermine la fiscalité : un FCPR ou FPCI fiscal exonère d'impôt sur le revenu après cinq ans, et le réinvestissement après un apport-cession impose des règles précises de quota et de délai.

Questions fréquentes sur le private equity

Quel montant minimum pour investir en private equity ?

Le montant minimum pour investir en private equity dépend du véhicule. Un FCPR ou un ELTIF fixe son propre minimum et reste accessible aux particuliers. Un FPCI exige en général 100 000 €, ou 30 000 € pour un investisseur expérimenté. L'investissement direct demande souvent des montants plus élevés.

Combien de temps dure un investissement en private equity ?

Un investissement en private equity dure en général une dizaine d'années pour un fonds, avec une prolongation possible. Les distributions commencent souvent au bout de quelques années, lorsque les premières entreprises sont revendues.

Quel rendement attendre du private equity ?

Le rendement du private equity n'est pas garanti et varie fortement d'un fonds à l'autre. Selon France Invest, le capital-investissement français a dégagé 11.3% net par an depuis l'origine à fin 2024. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Quelle différence entre private equity et capital-risque ?

Le capital-risque est un segment du private equity. Il finance de jeunes entreprises, souvent innovantes, alors que le private equity couvre aussi les entreprises rentables, les rachats avec endettement et les redressements.

Peut-on revendre ses parts avant la fin du fonds ?

Les parts d'un fonds de private equity ne sont pas remboursables avant l'échéance, sauf cas prévus par le règlement. Une revente reste possible sur le marché secondaire, à un acheteur intéressé, souvent avec une décote par rapport à la valeur estimée.

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Un couple et son enfant se promenant dans un parc

À qui est destiné un Family Office ?

Un Family Office est destiné aux familles fortunées qui ont des besoins complexes et diversifiés en matière de gestion de patrimoine. Ils sont appropriés pour les individus ou les familles qui ont des intérêts financiers diversifiés à travers plusieurs classes d'actifs, des industries, ou des régions géographiques. Les Familly Offices supervisent les questions d'investissement tout en gérant des questions complexes de succession, de fiscalité, de philanthropie, et d'éducation financière pour les membres plus jeunes de la famille.

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